Boulevard Altival : nous saisissons la Cour Régionale des Comptes

Dans un courrier recommandé de ce jour, nous avons saisi la Cour Régionale pour attirer son attention sur le coût faramineux du projet de Boulevard Altival. Les adhérents de l’association DEJAENAT 94, s’interrogent sur la pertinence du projet de Boulevard ALTIVAL porté par le Département du Val-de-Marne ;

Car, outre l’impact écologique de ce projet (l’avis de la MRAE datant de 2019 y était d’ailleurs défavorable), qui entraîne l’artificialisation de terrains restés jusqu’ici en friche, offrant aux habitants des quartiers limitrophes un « poumon vert » naturel, nous nous questionnons sur le coût annoncé des travaux, estimés à 211 millions d’euros pour 4 kilomètres, soit 52 millions d’euros par kilomètre, un coût qui nous paraît faramineux.

Comparativement, le budget de l’A69 qui devait relier Toulouse à Castres était de 500 millions d’euros pour 62 kilomètres, soit  6,5 fois moins cher ! Or, le 27 février dernier le Tribunal administratif de Toulouse a annulé les autorisations environnementales de ce chantier.

Le projet de Boulevard Altival nous apparaît inutile sur le plan des déplacements et néfaste sur le plan environnemental ; nous nous interrogeons sur de possibles surfacturations, prises illégales d’intérêts, voire détournements de fonds publics qui expliqueraient son coût démesuré.

En tant qu’habitants de Champigny-sur-Marne, nous avons bien d’autres idées pour faire de cette friche un espace vivant, créateur d’emplois, sans artificialiser déraisonnablement les sols (création d’un pôle d’économie circulaire en lien avec la déchetterie et Emmaüs déjà présents, culture de fleurs comme aux Murs à Pêche à Montreuil…), parc botanique, pour des emplois locaux et durables.

POURQUOI NOUS LUTTONS CONTRE LE BOULEVARD ALTIVAL

Depuis 2020, nous avons écrit à toutes les parties prenantes dans le projet de Boulevard Altival. Ce boulevard urbain pour voitures, poids lourds, motos, doublé d’une voie pour bus est aussi appelé « prolongement de la RD10 ». Il va traverser Champigny sur Marne derrière le magasin Leclerc, derrière la déchetterie, et au pied de la Résidence du Plateau aux Mordacs pour rejoindre la RD4 à la tour Hertzienne.
Nous avions été entendu en 2021 quand le Conseil Départemental avait supprimé une partie du boulevard dans les friches de Champigny aux Mordacs.
Depuis, ce boulevard a été rétabli.
Oui, nous avons fait appel du rejet de notre requête déposée en 2020. Même après le rejet de cette requête, nous continuerons à nous battre avec les habitants et sur le terrain judiciaire.
Pas pour le plaisir d’aller visiter Melun et son Tribunal Administratif…
Aujourd’hui 7 avril 2025, nous serons encore à Melun pour demander d’annuler l’autorisation d’abattre des arbres à Villiers sur Marne accordée par le Préfet du Val de Marne. Déjà 12 arbres abattus

Car le Boulevard Altival, c’est d’abord une nouvelle route, qui va détruire la nature, et la priorité pour le CD94 n’est pas être de construire des transports en commun.
Le prétexte de créer une voie pour rabattre les bus des environs, pour rejoindre la future gare de Villiers-Champigny-Bry est un leurre.
La preuve, aucun arrêt sur ces « voies » ne va desservir ni le quartier du Plateau, ni les Mordacs, ni le Bois l’Abbé, ni Coeuilly et malgré nos courriers, IDF Mobilités ne répond pas sur les projets de nouvelles lignes. Depuis 2016 qu’ils travaillent dessus, ils ont dû s’endormir sur le dossier.
Par contre, prolonger la RD10, créer une vraie route, C’EST CA LE BOULEVARD ALTIVAL !

Page 46 du rapport d’enquête publique :

En bon « boomer », le CD94 pense qu’en créant une nouvelle route, on va réduire la circulation notamment dans Villiers. Toutes les études démontrent que c’est l’inverse qui se produit.
Et la suppression du TVM Est n’a même pas fait tiquer les juges. Quand un projet tel que les voies Altival est amputé de 6 stations sur 15, cela ne fait réagir personne.
Que le projet s’appelle Noisy le Grand Mont d’Est – Sucy en Brie alors que l’enquête publique ne porte que sur Chennevières – Noisy et désormais plus le Mont d’Est ne surprend personne ?

UN GOUFFRE FINANCIER !
Chiffré à 211 Millions d’euros, le projet de Boulevard Altival, sans l’exploitation à venir de futures lignes (toujours pas définies), ni les travaux pour dévier ou aménager des lignes existantes, ce montant, ramené à 4km de voirie, donne un montant de 52 millions d’euros le Km !
Pour information, l’autoroute Toulouse-Castres A69 annulée, c’était 450 millions pour 62 km, soit 7.25 millions le Km.
Notre association avait saisi la Cour des Comptes qui nous a renvoyé vers la Cour Régionale des Comptes.
Que justifie un tel écart ? quelles surfacturations ? Commissions occultes ? Emplois fictifs ?
Même les 2 ouvrages d’art et les rares expropriations ne justifient un tel gouffre…

Cet argent, c’est celui du contribuable, le nôtre. Même l’avocat payé par le Préfet ou le CD94 sont payés par nous !


ALTIVAL , VRAI BOULEVARD, VRAIES FRICHES DETRUITES ET BUS FANTOME

A Dejaenat, nous sommes habitués aux fantômes : nous avons eu un architecte fantôme qui signait les faux permis de construire du Grand Chêne de Saint Maur.
Altival, c’est le nom donné à un faux bus, qui est en fait un boulevard urbain, donc un bus fantôme…

Dans le dossier Altival, les transports en commun sont « l’habillage »  de ce nouveau boulevard pour faire passer la pilule du futur bétonnage du quartier :

– Nous militons pour la nécessité de désenclaver les quartiers de Champigny en améliorant les transports : or aucun des quartiers fortement peuplés que sont Coeuilly, et 3 QPV, les Mordacs, Le Plateau, Le Bois l’Abbé ne sera directement « desservi » par ces voies. Les premières stations étant pour certains des résidents à 400 à 600 mètres pour les plus proches jusqu’à 1,4 km pour le quartier du Bois l’Abbé. Aucun tracé alternatif n’a été étudié, mais seulement celui à travers les friches de l’ex VDO, que nous voulons sauver.

– Alors que le CD94 estime à 15 lignes de bus qui vont emprunter ces voies, ce nombre est totalement farfelu et surestimé, citant même une ligne 307 qui avait été supprimée avant l’enquête publique. En fait, à l’étude des extraits de projections et schémas – dont nous avons réclamé les documents à IDF Mobilités, sans succès – il n’existe pas de ligne de bus qui va emprunter le tracé des voies Altival sur la totalité. La ligne 106 l’empruntera sur 360 mètres par exemple, et encore, si elle est détournée de son tracé existant, ce que IDFM refuse de nous confirmer.Aucun bus n’est prévu pour aller de Chennevières à Noisy le Grand Mont d’Est. Cette ligne n’existe pas, ni en totalité, ni partiellement.

– les voies Altival et le projet TVM-Est étaient intimement liés. Le rapport de la commission d’enquête retrace  à plusieurs reprises l’importance de la coordination du projet de TVM Est et du projet Altival qui n’ont pas été conçus séparément. 
Sans le TVM Est, supprimé en juillet 2024, les voies de bus Altival n’iront pas jusqu’à Noisy le Grand Mont D’Est puisque les voies Altival devaient le rejoindre à l’entrée de Noisy, près de l’hôpital de Marne La Vallée. La poursuite des voies Altival au delà de l’hopital n’est pas chiffré, il n’y a plus de DUP, et ce n’est pas financé. L’objet d’Altival qui était de relier Chennevières à Noisy le Grand Mont d’Est n’existe plus, les voies Altival perdant 6 stations sur 15. Extrait du rapport d’enquête publique page 67

– Le voies Altival ne desserviront pas Chennevières… : Elles s’arrêteront au panneau de la Ville, sur la RD4, au Mc Donalds près de la tour hertzienne. L’espoir des habitants de Chennevières de pouvoir aller au métro en bus est fortement contrarié… Aucun projet n’est à l’étude ni par IDF Mobilités, ni Epamarne, ni la RATP, ni le CD94 pour que les voies Altival aillent au delà de l’entrée de Chennevières sur la RD4. Page 81 :

Si un projet a existé, c’était de prolonger les voies sur la RD4 vers Ormesson puis Sucy, Bonneuil. Cette partie n’est pas financée, ni étudiée, ni comprise dans le périmètre de la DUP d’Altival (page 83)

– Plus de voitures et plus de pollution : Pour le CD94,  Altival est un boulevard qui va drainer le trafic et va permettre de « soulager » les autres voies, notamment dans Villiers. Autrement dit, on sacrifie les habitants de Champigny et leur qualité de l’air pour sauver les Villierains, au lieu de tout faire pour réduire la circulation automobile. On sait d’ailleurs que cette théorie est fausse : plus on crée de routes, plus il y a de trafic.
Point qu’on trouve dans le Rapport pour la DUP, page 88, où le CD94 on reconnait que le boulevard va créer du trafic automobile mais la technologie nous sauvera :

« S’agissant de l’air et de la santé :
Le projet Altival va provoquer une réorganisation des flux de véhicules dans la zone d’étude, et connaîtra une augmentation naturelle du trafic routier sur le secteur.
Toutefois, l’amélioration des motorisations, la mise en application de nouvelles normes telles qu’Euro 6 et le renouvellement du parc roulant devraient compenser l’augmentation du trafic par rapport à l’état actuel »

– le budget est pharaonique : 211 millions pour 4 km ! Alors qu’elle n’en a pas la compétence, la région Ile de France participe aux travaux de construction d’un boulevard et pas seulement aux études.

Tout ce qui précède figure en toutes lettres dans le dossier de DUP.
https : // www . val-de-marne.gouv.fr/contenu/telechargement/17284/118969/file/ALTIVAL+-+Rapport+d%C3%A9finitif+au+17+d%C3%A9cembre+PDF.pdf

Le combat Judiciaire

Après un premier recours contre la DUP en 2020, pour lequel nous avons été déboutés en 2023 (appel en cours), nous attaquons l’autorisation d’abattage des arbres à Villiers Sur Marne, objet du référé.
Notre avocat a repris plusieurs arguments ci-dessus, tel que l’abandon du TVM Est, et le fait que les abattages n’étaient pas prévus dans l’enquête publique. En 2016, les habitants ont donné leur avis, souvent contre Altival, sans avoir connaissance de ces coupes…
Notre avocat se réfère surtout sur le rapport de la Mission Régionale de l’Autorité Environnementale, qui soulignait plusieurs points de faiblesse du projet.
https : // www .mrae.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/190315_mrae_avis_delibere_sur_le_projet_altival_entre_noisy-le-grand_93_et_chennevieres_94_.pdf
Nous attaquerons aussi la prorogation de la DUP du 10 mars 2025.

Ce que nous dénonçons : sous couvert de TCSP, les terrains de l’emprise de l’ex VDO, envahies depuis 40 ans par la végétation, vont être copieusement bétonnées, et imperméabilisées.
Ce sont 20 hectares qui vont partir en zones d’activités, un boulevard (30 mètres de large), des logements pas sociaux et autres « aménagements » avec pour prétexte des voies de bus qui ne vont pas desservir les habitants de Champigny.

Le projet Altival est un ancien projet ou un projet ancien, de nouvelle route notamment. A l’heure où Paris re-végétalise, notre Banlieue imperméabilise et bétonne ? Les quartiers du haut de Champigny souffrent déjà de la canicule, on l’a vu pendant les confinements, où les habitants de ces QPV vivaient en bas des immeubles. 

Nous demandons de rencontrer le Conseil Départemental qui ne répond à aucun courrier, pour proposer des vrais aménagements pour les transports en commun, sans détruire les friches, en créant des voies dédiées aux bus aux abords des intersections, sur des voies existantes ou en les élargissant par endroit. Nous demandons de créer une vraie navette bus pour aller de Coeuilly et Bois L’Abbé à la gare de VBC, ce qui n’existe pas encore, alors que la ligne 15 devait entrer en service fin 2025, repoussée à mi 2026 au mieux, voire 2030 pour l’interconnexion avec la ligne E.

Nous demandons de faire des friches de l’ex VDO un « CENTRAL PARC » de Champigny, un trait d’union entre le centre et les quartiers hauts de Champigny, avec des créations d’activités autour des métiers du réemploi, en renforçant la ressourcerie Emmaus par un Chantier d’Insertion par exemple, et/ou une auberge de jeunesse.
Nous proposons de créer un lieu de recherche universitaire, comme un parc botanique qui serait un laboratoire sur les végétaux dans les Villes à l’heure du réchauffement climatique et la place de la nature pour lutter contre les ilots de chaleur.
Ce serait un espace éducatif et de la connaissance, autant qu’économique avec des emplois, et un espace touristique : cela rehausserait l’image que les habitants ont de leur quartier, et pas toujours celle des trafics, des rodéos, du béton et de la pollution.

Comme Montreuil a sauvé ses murs à pêches, Champigny doit sauver ses friches. Nous en ferons un sujet pour les futures municipales et soumettons ce projet aux habitants. Des habitants de Chennevières commencent à se mobiliser aussi.

Dépôt d’un référé suspension contre l’abattage d’arbres pour la construction du boulevard Altival – Tribunal Administratif de Melun 27 mars 2025 – 10h

Notre avocat, Me Louis Cofflard a déposé le 10 mars en notre nom une requête en référé pour contester l’autorisation donnée par le Préfet du Val de Marne d’abattre des arbres le long du boulevard Altival, cette nouvelle route doublée de voies pour des bus.
A ce jour, Ile De France Mobilités nous informe qu’aucune étude n’a été rendue pour dessiner un nouveau schéma des circulations des bus, ni à Champigny Sur Marne, Ni Villiers sur Marne, ni Bry et encore moins Noisy le Grand.
Aucune ligne nouvelle n’est prévue
Aucune ligne ne sera déviée pour passer sur ces voies.


IDÉE CADEAU : TOI AUSSI, CONSTRUIS TON BUS EN CARTON QUI IRA DE NULLE PART VERS PAS AU DELÀ !

Altival, ce sont des dizaines d’arbres abattus pour rien et une dérogation accordée pour détruire des espèces protégées et/ou leur habitat

Les voies Altival iront du panneau de Chennevières à la sortie de Champigny au panneau de Noisy le Grand à la sortie de Bry. Faute de TVM Est abandonné, les voies Altival n’iront jamais jusqu’à Noisy le Grand Mont d’Est.

Ce tracé de Chennevières au RER de Noisy est pourtant l’essence même des voies Altival : l’utilité publique reconnue pour le projet repose sur cette interconnexion avec le TVM-Est qui a disparu.

Rendez-vous à Melun le 27 mars prochain à 10h à Melun au Tribunal Administratif pour soutenir notre avocat et écouter nos arguments

Annulation du Permis de Construire du Grand Chêne de juillet 2024 par la Préfecture du Val de Marne

Nous avons eu la confirmation par la Préfecture du retrait du Permis de Construire obtenu en juillet 2024 par Joaquim Dos Santos, le même promoteur qui est poursuivi pour faux dans l’affaire du premier Permis déjà annulé en 2022.
Le permis est annulé à cause de fraudes. Des arguments détaillés dans nos recours ont été entendus, mais la Préfecture omet la question des racines, qui sont protégées par dessus tout :

Suite à l’interview que nous avons donnée au Parisien, un article est paru la semaine dernière. Article ici :

https://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/ils-ont-sauve-le-grand-chene-de-saint-maur-une-deuxieme-fois-04-02-2025-2RKW3FMK2JDO3D7JPNF37TPZUY.php

Réjouissons-nous ! Même si la partie n’est pas définitivement gagnée : le promoteur peut faire appel de l’annulation et/ou il peut déposer un 3ème PC.

Tant que la Préfecture – qui délivre les PC sur Saint-Maur-des-Fossés ne prend pas en compte l’impossibilité de construire tout projet quel qu’il soit sur cette parcelle, nous pouvons rester inquiets.

Tant que la Ville de Saint Maur des Fossés ne reprend pas notre idée de faire de cette parcelle un lieu convivial, pédagogique et d’éducation à l’environnement en proposant un projet mobilisateur pour la population, nous pouvons rester inquiets.

C’est la Municipalité qui peut trouver le compromis avec le promoteur pour acquérir la parcelle et en faire un projet participatif.

RAPPEL :
Un premier permis avait été accordé en 2021 par le Maire de l’époque Sylvain Berrios, à la SCCV Arborescence 70 de Joaquim Dos Santos : il comportait déjà des erreurs manifestes et des fraudes relevées par la Préfecture en 2021.
Sylvain Berrios avait déjà refusé de retirer le Permis malgré la demande gracieuse de la Préfecture dans un courrier du 17 mai 2021
Cette mansuétude, cette bienveillance de la part de Sylvain Berrios et de Pierre-Michel Delecroix, Maire de Saint Maur, et à l’époque Adjoint à l’urbanisme, posent question…

Le Préfet autorise l’abattage de 62 arbres pour les voies Altival

Alors que la Préfète avait refusé cet abattage, le nouveau Préfet l’accorde…
Lire l’Arrêté ci-dessous.
Le Conseil Départemental a refait une demande et elle a été acceptée. Nous en avons demandé copie pour savoir ce qui a fait changé d’avis le Préfet.
Au passage, ce dernier commet l’erreur, comme le Maire de Champigny, Laurent Jeanne, ses élus, et d’autres de considérer Altival comme une ligne de bus alors que ce sont des voies pour des bus alentours, si un jour elles y passent.

Recours déposé au Tribunal Administratif contre le Permis de Construire du Grand Chêne de juillet 2024

Maitre Louis COFFLARD, avocat de l’Association Dejaenat, a déposé un recours contentieux devant le Tribunal Administratif de Melun contre la Préfecture du Val de Marne :

Nous attaquons le Permis de Construire accordé au promoteur Joaquim DOS SANTOS, gérant de la SCCV Arborescence 70, pour le projet de construction sur la parcelle du Grand Chêne de Saint Maur (94)

Les associations France Nature Environnement 94, le GNSA et A.R.B.R.E.S se joindront à nous avec des « interventions volontaires », qui seront adressées au Tribunal par leurs soins.

Le Maire de Champigny annonce la fin du TVM Est – ALTIVAL n’ira pas à Noisy le Grand

Lors du Conseil Municipal du 11 décembre 2024, dans cette vidéo (à 30 secondes et aussi à 5 minutes 16) Le Maire Laurent Jeanne annonce que le TVM Est est enterré en réponse aux questions de Chrysis Caporal, élue EELV de l’opposition, groupe Champigny Ecologique et Solidaire

Dans un article du Parisien du 29 novembre 2024, sur le projet Altival https://shorturl.at/yeCTJ la journaliste, L.Parny a bien fait de préciser que ce n’est pas un bus en soi, mais des voies pour bus, nous y reviendrons plus bas.

Pour Laurent Jeanne, le TVM-est enterré – Donc, ALTIVAL n’ira pas à Noisy le Grand :
Pour avoir étudié le dossier de manière précise depuis 2019, les voies Altival ne devaient pas rejoindre Noisy le Grand Mont d’Est directement, mais se « raccrocher » au tracé des voies du TVM-Est, à partir du passage sous l’A4 à Bry sur Marne le long du boulevard Méliès là où la Préfète a refusé qu’on abatte des arbres.

Nous avions déjà appris par la Préfecture de Seine Saint Denis que la DUP du TVM Est n’avait pas été prorogée en juillet 2024, signant la fin d’un projet moribond.
En s’arrêtant à Bry, les voies Altival ne feront donc plus 5 km, mais seulement 3 km…

ET ALTIVAL N’IRA DONC JAMAIS JUSQU’A NOISY LE GRAND LE MONT D’EST – CQFD
Le 21 octobre dernier, nous avons écrit au Président du Conseil Départemental de la Seine Saint Denis (et à d’autres instances, comme le Premier Ministre, la Région, le CD94, IDF Mobilités) pour lui demander son avis sur le fait que son Département va financer des voies de bus, qui ne vont pas desservir son département, ni aucun habitant de la Seine Saint Denis. Notre courrier se serait perdu ?

ALTIVAL NE DESSERVIRA PAS CHENNEVIERES !
Pour l’instant, ce qu’on appelle « Chennevières » est tout juste la limite des communes Champigny/Chennevières à l’endroit où se situera la première station, au McDo, près du Lidl. A cet endroit, on n’est pas vraiment à Chennevières, et bien loin du reste de cette commune. Les Cannavérois vont être surpris de découvrir que les voies Altival ne viennent pas jusqu’à eux contrairement à ce qu’on pourrait imaginer en écoutant les élus du département et en lisant cet article.

Et Altival n’ira jamais dans le vieux Chennevières puisque le tracé repartira vers Ormesson par la RD4 si un jour cela se fait. L’enquête publique d’Altival portait uniquement sur le tracé Chennevières-Noisy Le Grand comme il l’est écrit dans le rapport d’enquête de 2019

Sur le coût du projet Altival – 211 millions pour 3km !
Dans la même vidéo, Laurent Jeanne annonce que le TVM-Est devait coûter 80 millions d’euros, pour environ 9km de voies, pas toutes en site propre d’ailleurs. Pour Altival, on annonce plus de 211 millions d’euros de budget, soit 70 millions d’euros du km et cela ne comprend pas le coût de l’exploitation ni les bus. Même les expropriations éventuelles ou les ouvrages d’art ne justifient pas de telles dépenses…

Personne ne semble s’émouvoir d’une telle dépense gigantesque, qui représente 5 à 8 fois le prix d’un kilomètre d’autoroute (estimé à 8 Millions d’euros le Km), un des projets de bitume les plus coûteux en France à ce jour (source : La Déroute des Routes)

ALTIVAL N’EST PAS UNE LIGNE DE BUS – https://shorturl.at/cZQAM
Et cerise sur le gâteau, pire que tout, Laurent Jeanne, et d’autres élus que j’ai interrogés, comme Yann Viguié, élu aux mobilités, à la sortie du même CM, sont persuadés que Altival est une ligne de bus !
Ils ne sont pas les seuls, on en croise même dans l’opposition.
Ecoutez la dernière minute du CM, vous verrez que Laurent Jeanne ne connait pas le dossier. C’est effarant.
Il est possible qu’au CD94 non plus, on ne maitrise pas ce dossier, récupéré par la nouvelle majorité. L’ancienne majorité avait évoqué le projet Altival au tout début il y a 15 ans, comme un « bus à haut niveau de service », ce qu’Altival n’est jamais devenu au final. Ce « bus » semble être resté dans les mémoires.

ALTIVAL, UNE VOIE POUR ZERO BUS

Comme l’a dit Laurent Jeanne, sur les futures lignes de bus pour Altival et les modifications de tracés, « tout est à l’étude ». En 5 ans, il ne s’est rien passé.
Nous avons écrit à IDFM et à la Région en octobre 2024, pour demander l’avancement de ces études sur les futures lignes de bus qui vont rallier la future gare V-B-C et qui pourraient emprunter les voies Altival. Aucune réponse…

NOTRE AVIS
Le CD94 essaie de « vendre » un projet qui a pour objectif de construire un nouveau boulevard dans les dernières friches de Champigny dans le seul but d’urbaniser un peu plus ces quartiers défavorisés. Mais pour faire passer la pilule, on nous « vend »‘ des transports en commun qui n’existeront pas.

Avec les habitants, nous continuons à nous mobiliser pour des transports en commun qui desserviront les quartiers QPV du Bois L’Abbé, les Mordacs, le Plateau, ce que ne font pas les voies Altival.
Nous continuons à refuser de construire une nouvelle route dans des friches, à refuser qu’on imperméabilise des zones d’infiltration d’eau pour les nappes phréatiques. Nous voulons que ces quartiers restent habitables, alors qu’ils sont déjà des ilots de chaleur de grandes surfaces, fortement impactés par les canicules.

L’Ex. VDO reste le dernier poumon un peu vert à sauver pour sauver des vies. Y porter atteinte est criminel.

Moins de voitures, plus de bus et de circulations actives, plus d’arbres, plus d’espaces végétalisés, nous nous battons pour ça. Cela sera sûrement l’enjeu des futures municipales en 2026, nous mettrons les candidats au pied du mur

Et comme le son dans la vidéo était mauvais, voici la version texte des questions que Mme Caporal nous a transmises :

« Un article du Parisien du 28 novembre 2024 évoque le projet Altival, des voies pour bus qui vont être créées dans l’ex VDO depuis Chennevières, via Champigny, Villiers, et Bry.  A l’époque de l’enquête publique en 2016, tout était au conditionnel et à l’état de projets pour expliquer comment des bus allaient emprunter ces voies. A ce jour, depuis 9 ans, aucune communication n’a été faite sur les lignes qui circuleront sur ces voies, ni par le CD94, ni par IDF Mobilités ni par la Ville de Champigny.  

1- Quelles sont les lignes de bus existantes dont les tracés vont être modifiés pour emprunter ces voies ? 
2- Quelles nouvelles lignes vont-elles être créées ? Altival n’étant pas une ligne en soi, mais le nom donné aux voies en site propre.
3- Quelles lignes de bus partiront ou passeront par Coeuilly ou le Bois l’Abbé pour desservir la Gare de métro Bry-Villiers-Champigny ? 
4- Si des lignes voient leur tracé changer, quelles solutions de remplacement seront proposées pour les arrêts qui ne seront plus desservis ?
5- les voies Altival doivent se raccorder aux voies du TVM-Est à Bry sur Marne pour rejoindre Noisy le Grand Mont d’Est. Or, le TVM Est n’a plus de déclaration d’utilité publique depuis juillet 2024 et semble définitivement enterré. Comment peut-on encore présenter Altival comme devant aller de Chennevières à Noisy, alors que ces voies s’arrêteront à Bry Sur Marne ?
6- le budget prévu pour Altival dépasse les 210 millions d’euros pour 4,7 km de voiries, voire même 3 km si on s’arrête à Bry au lieu de Noisy, soit 70 millions d’euros le km. C’est 8 fois le prix d’un km d’autoroute.
Cela ne comprend pas les bus et leur exploitation. Comment expliquer un tel budget pharaonique ?

Ambiance joyeuse et détermination pour protéger le Grand Chêne de Saint-Maur

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est RG12412070013-1024x683.jpg.
Le 7 décembre2024, rassemblement devant la parcelle du Grand Chêne de Saint-Maur-les Fossés à l’ appel du Collectif pour la défense des jardins et espaces naturels du Val de Marne pour protester contre une nouvelle construction près de cet arbre multicentenaire. @Photo Rémi Gruber

Chanson au son de l’accordéon, poésie, témoignages et interventions des associations DEJAENAT, ARBRES et GNSA, 100 personnes se sont rassemblées ce samedi 7 décembre 2024.

La Préfecture n’a pas répondu à notre recours gracieux contestant le Permis de Construire qu’elle a validé malgré les poursuites judiciaires engagées en correctionnelle à l’encontre de son promoteur. Pourtant, notre recours démontre par de multiples aspects le non-respect de la réglementation d’urbanisme.

D’après un article du Parisien du 8 decembre 2024, nous savons dorénavant que la Préfecture, après s’être déplacée sur place demanderait la modification du permis pour tenir compte de nouvelles mesures. Lesquelles ?

Nous basant sur la propre note de la Préfecture – DRAAF de 2022 – qui indique un périmètre impératif de protection de 20m autour du tronc correspondant à la hauteur du Grand Chêne, aucune construction ne peut se faire dans toute la largeur de la parcelle, et aucun engin lourd ne peut la traverser.

En effet, comme le dit cette note : « Une distance de respect depuis le tronc, au moins égale à la hauteur de l’arbre (20m), devrait être respectée, c’est-à-dire non tassée et non terrassée ». Aucune promotion immobilière ne peut donc respecter les modalités de protection d’un arbre remarquable définies dans la réglementation d’urbanisme, le PLUI. Dejaenat déposera un recours contentieux pour annulation du PC.

Nous voulons un projet qui protège notre patrimoine commun, historique, social, environnemental, un projet de réhabilitation du bâtiment existant en fond de parcelle. Plutôt que de s’obstiner à mettre en danger le fruit de plusieurs siècles, la population peut coconstruire un projet pédagogique autour du Grand Chêne.

Et Dejaenat préconise la mise en œuvre d’autres outils pour développer le logement social à Saint-Maur, pas au détriment d’un monument de la nature, unique.

Dejaenat a demandé une entrevue au Préfet pour lui faire part de ses contributions et des informations relatives à la bienveillance dont le promoteur semble bénéficier.

Au fait, pourquoi la ville de St-Maur n’a pas mis en cause ce nouveau PC qui densifie la parcelle et met en danger le Grand Chêne ? Comme l’indique l’article du Parisien cité plus haut, la Mairie estime que la Préfecture a été conduite à «instruire et à délivrer un permis de construire deux fois plus dense que le projet initial»

Pourquoi cette inaction de la Mairie ?

(article du Parisien en pdf ici)

7 décembre2024, rassemblement devant la parcelle du Grand Chêne de Saint-Maur-les Fossés à l’ appel du Collectif pour la défense des jardins et espaces naturels du Val de Marne pour protester contre une nouvelle construction près de cet arbre multicentenaire. Denis Laurent et Philippe Vergez de Dejaenat94.org, Martine Sorba du GNSA @Photo Rémi Gruber
Philippe Vergez, Denis Laurent de DEJAENAT94.org et Georges Feterman de l’association A.R.B.R.E.S @Photo Rémi Gruber
@ Photo Elodie R.

@ Photo Elodie R.
@ Photo Elodie R.
@ Photo Elodie R.
Nouveau panneau signalant le Grand Chêne
Panneau Signalant le Grand Chêne posé par l’association Dejaenat – @ Photo P. Vergez

Quelques poèmes sur les arbres

Voici les poèmes lus lors de la manifestation pour défendre le Grand Chêne, le 7 décembre 2024 – Ce sont des poèmes de Jean Lavoué (1955-2024), qu’on peut retrouver sur son blog L’enfance des arbres

J’ai demandé à l’arbre ce matin
De m’aider à ciseler un poème
Il m’a d’abord parlé du vent
Au souffle imprévisible 
Puis de l’hiver quand seules les branches nues
Fouaillent en vain le ciel
Et encore de la sève dont la nuit silencieuse
Irrigue tous les mots
Puis il s’est tu longuement
Me laissant supposer un obscur travail de racines
Et c’est alors que j’ai cru sentir Sous l’écorce de mes doigts
Percer le premier bourgeon
Et s’envoler l’oiseau dont le chant 
Annonçait déjà le printemps.
Jean Lavoué – 28 décembre 2022

Comme l’arbre au printemps,
Tu gardes en toi
Les cicatrices de l’hiver. 
Ton chant n’a rien oublié
Des terres jonchées de feuilles. 
Des gels et des orages,
La peau de tes mots conserve
Une entaille inconsolable. 
Pourtant l’espérance y surgit
De saisons désolées. 
Dès les premières fleurs
Tu reconnais entre les branches
Tes couleurs familières. 
Déchirant l’écorce,
Une force rassurante s’allie
Au silence des racines. 
C’est ainsi que tu t’assures
Une nouvelle fois
Du triomphe de la vie. 
La sève du poème Signe en toi
La persistance de la joie. 
Jean Lavoué – 20 mars 2021

Chaque arbre qui brûle
Est le témoin blessé
De notre commune fragilité.
Le protéger,
C’est prendre soin de nous-mêmes
Et de notre avenir.
Toute vie souffre avec ces milliers
De nids d’insectes et d’oiseaux,
Ces innombrables couchettes de chevreuils,
Calcinés.
Aurons-nous apporté aujourd’hui
Les quelques gouttes précieuses et nécessaires
Pour éteindre partout l’incendie,
Accompli notre part du colibri ?
Les rares mots
Tirés du puits de nos silences
Auront-ils le goût des larmes
Pour consoler ?
Ce n’est pas seulement notre maison qui brûle
Mais c’est le plus intime de nous-mêmes,
Cela qui grandit avec nous
Et dont nous ne sommes pas séparés.
Quand prendrons-nous le temps
De contempler l’écorce de nos compagnons d’infortune,
D’écouter leur murmure,
Plutôt que de rouler à tombeau ouvert,
Seuls, vers notre démesure
Et notre nuit ?
Jean Lavoué, 12 août 2022

Comme l’arbre 
Tu apprends à faire silence
A faire corps 
Avec l’hiver  
A ne pas te hâter 
De fleurir 
A te retirer parfois 
Sous l’écorce 
Dans l’attente  
Des bourgeons à venir
Jean Lavoué – 7 janvier 2020